25.03.2006
DNA du vendredi 24 mars
Les anti-CPE perturbent un scrutin controversé
Des étudiants anti-CPE ont confisqué et brûlé, hier à Strasbourg, le contenu de deux urnes déposées à l'Institut Le Bel (Université Louis Pasteur) pour les élections des représentants estudiantins au CROUS. Marquée par une échauffourée, une tentative similaire a échoué à l'université Robert-Schuman.
Près de 13h, ce jeudi dans l'amphithéâtre 1 de l'institut Le Bel, à l'université Louis Pasteur (ULP), les étudiants anti-CPE de l'université Marc-Bloch (UMB) abordent le sujet principal de cette assemblée générale: les élections au CROUS organisées le jour même.
"Ni les CROUS, ni les étudiants ne voulaient de ces élections. Elles ont été maintenues, en dépit du bon sens, sur demande de Matignon. C'est de la pure provocation", lance depuis l'estrade une étudiante membre de la Coordination strasbourgeoise contre la précarité et le CPE.
"Est-ce démocratique de maintenir le scrutin alors que les 15 000 étudiants de Marc-Bloch n'ont pas la possibilité de voter du fait de la fermeture des bureaux de vote du Patio ?", s'interroge en écho un étudiant chaudement applaudi.
Prenant la parole, un membre de l'Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (AFGES- oppose au blocage des cours) défend, lui, la tenue des élections. Rappelant que les étudiants de l'UMB peuvent voter ailleurs, il estime que "ce scrutin serait moins légitime s'il était reporté". Un argument copieusement hué.
Le silence revenu, Syamak Aghababai, ancien président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) Strasbourg, lance: "On ne peut pas cautionner ces élections. Un étudiant est mort hier [mercredi, ndlr] à Strasbourg, un peu de dignité!"
Les applaudissements qui suivent ne suffisent pas à couvrir cette proposition: "On bloque: quand on sort, on prend les urnes de manière pacifique à l'ULP et à Robert-Schuman."
Aussitôt dit, aussitôt fait. Un groupe vide les deux urnes disposées à l'entrée de l'Institut Lebel avant de brûler les bulletins sous enveloppe à l'extérieur. Tout se passe sans heurts majeurs
Incidents à la faculté de droit
Place d'Athènes, dans le bâtiment de la faculté de droit (université Robert-Schuman) changement de décor et d'ambiance, d'après diverses sources (cette fois nous n'avons pas assisté à la scène).
Dans un communiqué, l'AFGES déplore ainsi que "deux de ses membres [aient été] blessés par un autre groupe de vandales" qui n'est toutefois pas parvenu "à voler l'urne". Dénonçant un scandale antidémocratique", l'AFGES regrette de même "que ces syndiqués en soient arrivés à un tel niveau d'incivilité, faute d'avoir pu s'organiser à temps pour lancer leurpropre campagne". Revenu dans l'amphi 1 vers 13h30, un témoin livre un récit différent: "Il y avait des étudiants plutôt gaillards et prêts à la castagne. On n'a pas réussi à choper l'urne". "Où sont les STAPS quand on a besoin d'eux?", plaisante un étudiant dans l'assemblée.
"Un groupe d'étudiants anti-CPE est venu nous dire qu'il voulait prendre l'urne pacifiquement. Des étudiants de l'AFGES étaient là pour maintenir le scrutin. En une fraction de seconde, c'était la cohue. Des coups sont partis, la scène était très confuse", assure pour sa part Camille Miclot, présidente de l'UNEF-Strasbourg et assesseur du bureau de vote concerné.
Une chose est sûre, après cet incident et le déclenchement d'une alarme-incendie, la présidente de l'Université, Florence Benoît-Rohmer a pris, "en accord avec le doyen", la décision de "fermer le bâtiment place d'Athène ainsi que l'Escarpe, rue du Maréchal-Juin". Les étudiants ont donc évacué les lieux, fermés au public pour le reste de la journée.
L'urne tant convoitée a fini en sécurité. Le cabinet de la présidence de l'Université a par ailleurs indiqué dans l'après-midi qu'il n'avait pas eu connaissance de blessés au cours de l'échauffourée.
Manuel Plantin
13:05 Publié dans médias | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


Commentaires
camille Miclos me fait doucement rire.... En effet, cette jeune personne plutôt antipathique, est partie 5 minutes avant que la fac soit envahie par ces casseurs! Elle prétend donc avoir été à la fac au moment de la tentative de vol... peut être a t-elle e don d'ubiquité? Ou alors elle a oublié de dire toute la vérité...
Je pense que les éléves de droit sauront pour ne qui pas voter aux prochaines élections...
Ecrit par : romain | 25.03.2006
"On ne peut pas cautionner ces élections. Un étudiant est mort hier [mercredi, ndlr] à Strasbourg, un peu de dignité!".... je reconnais tout de suite la dignité! Mais par contre je reconnais aussi dans le comportement de cet ancien président de l'unef de l'indécence poussée à son paroxysme! Quelle honte que de se " prévaloir" de la mort d'un jeune homme pour justifier ses actions et positions! Voila un bel exemple de dignité! Il a la même notion de la dignité que de la démocratie!
Tant que la lumière ne sera pas faite sur la véritable cause de son décés, il faudrait penser à s'abstenir d'en parler pour justifier tout et n'importe quoi, et même après, pour respect envers la famille! Une véritable honte
Ecrit par : romain | 25.03.2006
Regardez un peu ou on en arrive : la démocratie tue la démocratie ! Parce qu'une minorité de gens pensent que c'est anti-démocratique qu'il faut entraver cette démocratie, en brûlant le contenu des urnes ! Intolérable ! Surtout que cette élection est, ironiquement, une élection ou moins de 20% d'étudiants se seront déplacés ! Manifestement, c'est plus un "coup de pub" qu'autre chose !
Et maintenant qu'ils ont un mort sur la conscience, il vont en profiter pour faire tout et n'importe quoi : " Soyons digne. Vengeons sa mort en saccageant le Patio dès son ouverture, brûlons les bulletins de votes, levons les pavés, etc etc... " Si c'était un anti-blocage qui était décédé, pour n'importe quelle raison, aurait-on demandé la même dignité ?
Ecrit par : Arnaud | 25.03.2006
Il est scandaleux que la responsable de l'unef local tienne de tels propos hypocrites (mais cela étonne-t-il qqun?, pour ceux qui la connaissent)! elle n'est pas digne du poste qu'elle occupe, qqun de son rang(si on peut qualifier ça ainsi) devrait privilégier la franchise. Son action n'est que récupération et manipulation. Elle, "chargée de la coordination" du syndicat communiste local, j'ai nommé l'unef-Strasbourg, ne fait preuve que d'hypocrisie et mensonges. Il est indigne et effrayant de constater que des méthodes dignes du KGB ou de dictateur bielorusse sont choisies par l'unef pour MUSELER(je pèse mes mots) les étudiants souhaitant s'exprimer de manière démocratique.
L'unef a fait preuve jeudi dernier d'une débilité profonde et d'un coimportemen,t primitif sans pareil, et je crois a provoqué son suicide électorale...je me réjouis des résultats des éléctions Crous au niveau national, le communisme a perdu. Cette "secte" n'a que ce qu'elle mérite. Il lui faudrait se renseigner sur les méthodes modernes de démocratie et ne plus se croire dans une dictature où l'opinion est docile et facilement manipulable. Les pratiques de l'unef(et des jeunes qui se sont associés à cette entreprise) sont une insulte à la démocratie. J'éspère qu'au moins ces évenements auront permis à tous de découvrir la vrai nature de ce syndicat.
Ecrit par : O. Besancenot | 26.03.2006
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